Vincent Baillez

Né en 1974 , France – DNSEP Beaux Arts de Rouen – DNSAP Beaux Arts de Paris

 EXPOSITIONS COLLECTIVES

2016  « Group show », Galerie La lanterne, Paris
2015   « Rentrez ! », Artothèque de l’ECLA, Saint-Cloud. « Biennale d’Issy », Musée de la carte à jouer, Issy-Les-Moulineaux.
2014    « Variations graphiques », Galerie AAB, Paris.« Parcours d’artistes 2014 », Les Passerelles, Pontault-Combault. « 10 ans », Galerie 2.13 pm, La Celle Saint Cloud.
2013   « Around Drawings », Galerie 2.13 pm, Paris. Salon d’art contemporain, Poissy Talents, Poissy
2009   Manifestation Paliss’art, conseil général de l’Eure, Evreux
2006   «Face à face», Domaine de Villarceaux, association La Source, Val d’Oise
2003   Novembre à Vitry, centre d’art municipal de Vitry, Val-de-Marne
1999   Exposition des diplômés avec félicitations du jury, ENSBA, Paris
1998   Diplômes 98, Grande Galerie, ERBA, Rouen

EXPOSITIONS PERSONNELLES

2016  « Soleil noir », Galerie In-Situ, Nogent-le-Rotrou
2014  « Pays de Cocagne », Médiathèque Christine de Pizan, Poissy
2013   Galerie « jour de fête », Rouen
2012   « Forêt Noire », Galerie 2.13PM, Paris
2000   « Des rêves de pouvoir », Grande Galerie de l’ERBA, Rouen
1996   « Autonomies », Petite Galerie de l’ERBA, Rouen

INTERVENTIONS

• 2006 : Artiste intervenant pour l’association La Source, Domaine de Villarceaux

Texte de l’exposition FORÊT NOIRE – Mai 2012

Une tache gluante, immonde et rampante se répand sur notre monde. Insidieusement, elle tente de s’infiltrer dans nos petits univers fragiles, dans nos vies de petites fourmis grouillantes, oublieuses de leur environnement. La tache nous rattrape, détruit nos maisons, nos usines : les piliers s’inclinent, les planches craquent, les toitures s’effondrent, les arbres se meurent et, comme si de rien n’était, les cheminées continuent à cracher leurs vapeurs chargées des miasmes d’une société égarée.

Avec une naïveté apparente, Vincent Bailliez décrypte notre monde ambivalent, constitué d’éléments insignifiants et néanmoins essentiels à son fonctionnement délicat. Il puise son iconographie dans les contes de notre enfance, l’observation sensible des événements géo-politiques, économiques, climatiques. Il les associe dans des scènes de genre semblables à des pièces d’horlogerie où le moindre rouage a le pouvoir de tout faire basculer, exploser, arrêter. La gouache, l’encre et les décalcomanies sont privilégiées pour la précision de leurs effets et leur souplesse de manipulation. Fond, forme et techniques s’accordent ainsi parfaitement.

Dans « Une Apocalypse », Alice au Pays des Merveilles tente vainement de passer à travers le miroir mais il ne lui renvoie que le reflet de son inséparable lapin aux yeux exorbités. Derrière elle, une faucille et un marteau dégringolent, bientôt rattrapés par un «encapuchado » pénitent capable de les manier comme le ferait la mort. Et un peu plus loin, que brûle-t-on sur les bûchers ? Dans la série « Humanité » on se demande quelle vie de calvaire nous raconte les petites gouaches colorées. En effet, tout là-haut, est posée une croix salvatrice : mais à quel prix doit-on l’atteindre ? Avec délicatesse, le sang coule, le serpent séduit Eve, les champignons vénéneux se mêlent aux pommes sucrées, les hommes et les femmes deviennent des rois et des reines sans visage. Dans une autre série, transition entre son travail en couleur et le tout noir et blanc, Vincent Bailliez nous sert une version charcutière de la « Guerre des Mondes ». Les hommes y sont réduits à des armées de saucisses dont se gavent des machines devenues puissantes et folles. Et malgré les efforts d’un cosmonaute armé d’un pistolet à fléchette, il semble bien impossible d’atteindre la fusée qui s’envole, nous laissant seuls attachés par un pied à notre condition.

Toutes ces scénettes gentillettes sont des critiques ciselées au vitriol, des appels au réveil des consciences, des concentrés de leçon de comportement pour éviter qu’un jour notre monde ne devienne un territoire chaotique et sans âme où l’homme serait perdu à jamais. En baptisant l’exposition « Forêt Noire », Vincent Bailliez insiste sur les doubles sens et les ambivalences de notre monde : d’un côté une pâtisserie raffinée et méticuleusement préparée à déguster avec bonheur ; de l’autre, un lieu de tous les dangers où méchants, ogres et trolls se cachent pour mieux nous dévorer.

Vincent BAILLIEZ – Miniature 6 – 2017
Encre et gouache sur papier – 187 x 187 mm

Vincent BAILLIEZ – Miniature 1 – 2016
Gouache et collage sur papier – 187 x 187 mm

Vincent BAILLIEZ – Crises 2 – 2015
Encre sur papier – 37 x 28 cm