TON SOUFFLE EN MOI

du 2 juin au 12 juillet

La question du renouvellement, sans le reniement, est toujours majeure dans la pratique d’un artiste. Chez Arnaud Franc, le fil conducteur est celui du corps en mouvement, à travers lequel passe toutes les émotions, tous les ressentis, toute l’expression de la vie. Il travaille toujours d’après modèle vivant, en interaction parfaite avec celle ou celui qui lui offre pour quelques heures une partie de lui-même avec ses pauses, ses regards, ses gestes et ses allusions.

Que faire alors quand le confinement impose la disparition du modèle ? S’arrêter de dessiner et de peindre ? Contraint à l’isolement, l’artiste ouvre de nouvelles voies. Il regarde ailleurs, utilise de nouvelles matières, de nouveaux formats. Il part chercher le mouvement en dehors des corps et renoue avec celui de la nature. Arbres et prairies, fleurs et feuillages bougent sans cesse sous l’effet de la brise. Arnaud Franc redécouvre la peinture de paysage et la peinture animalière tout en conservant sa gestuelle, sa façon de mélanger le pastel, le crayon, l’acrylique, la craie, sa manière d’habiter le format de la toile ou du papier. On reconnaît sans difficulté sa main lorsqu’il retranscrit un moment de complicité unique dans « Echange entre ma chèvre et le figuier ». Sur un immense papier kraft, la chèvre devient une personne, qui parle à l’arbre, lui-même devenu personne, sous l’effet des larges traits d’un vent bleu qui s’infiltre en eux. Avec « Vivre dans les hautes lumières » Arnaud Franc laisse apparaître la toile brute pour magnifier l’apparition de la vie dans une danse aérienne entre un voile jaune vif  et une étoffe bleu roi enveloppant comme un trésor le corps d’un homme.

Le vent, l’air, la brise : je me suis donc trompée longtemps. Arnaud Franc n’est pas le peintre du mouvement, il est celui du mouvement de l’air, celui du souffle. Ce souffle vital propre à chacun et entièrement partagé dans le monde vivant ; ce souffle essentiel, qui nous rend sensible, unique, présent. Sans ce souffle en moi, sans ce souffle en nous, nous serions comme cette toile de lin, brute et inerte. « Ton souffle en moi » est un hommage au vivant, une reconnaissance de la puissance créatrice, une ode à la force du beau.

Frédérique Paumier-Moch

En savoir plus sur Arnaud Franc


 

  C’est alors que vient la nuit
technique mixte sur toile, 90 x 90 cm

Dans l’éclair du temps, ton ravissement
technique mixte sur toile, 50 x 50 cm

 

 

 

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